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29 janvier 2026IA à France Travail : quand la Cour des comptes alerte, Force Ouvrière revendique
En janvier 2026, la Cour des comptes a rendu public un rapport sévère sur l’utilisation de l’intelligence artificielle à France Travail. Ce que Force Ouvrière dénonçait est enfin acté par une institution officielle : le déploiement massif et mal encadré de l’IA sert avant tout une logique d’économies budgétaires, au détriment des agents, de leurs conditions de travail et des demandeurs d’emploi.
Depuis 2017, France Travail a expérimenté près de 87 cas d’usage d’IA. Résultat : seuls 27 sont encore actifs en 2025, tandis que 17 ont déjà été abandonnés, faute d’utilité ou d’appropriation. Malgré cet échec partiel, la Direction générale persiste et accélère, avec un budget IA passé de 9 millions d’euros en 2024 à 15 millions en 2025. Pour quel objectif réel ? La Cour des comptes chiffre clairement la finalité : plus de 1 400 équivalents temps plein (ETP) déjà « économisés », et jusqu’à 3 000 ETP visés à terme.

Derrière le discours technologique, il s’agit bien d’une politique de suppressions de nos postes et de dégradation continue de nos conditions de travail.
Pour les agents, l’IA n’est pas un outil neutre. Certes, certains usages comme ChatFT peuvent nous aider à rédiger des courriels ou reformuler des textes. Mais la réalité quotidienne est tout autre : intensification du travail, explosion des flux numériques (+72 % de courriels en un an), pression accrue sur les objectifs et perte de sens du métier. La baisse de 42 % des visites en agence par les demandeurs d’emploi n’a pas été compensée par plus de temps pour l’accompagnement humain, mais par une industrialisation des échanges et une mise à distance des usagers.
FO dénonce une absence de dialogue social sur la mise en place de l'IA
La Cour des comptes pointe également des carences graves en matière de dialogue social. Il est largement contourné et le CSE n’a été consulté que sur 17 % des projets. Pire encore, seuls 18 cas d’usage IA ont fait l’objet d’une évaluation éthique, souvent incomplète. Force Ouvrière rappelle qu’un outil jugé discriminatoire, "l’indice d’employabilité", a dû être refusé le Comité Consultatif Externe (Composé de représentants de l'état, d'employeurs, d'expert etc..) : preuve que sans contre-pouvoirs, l’IA devient un instrument de tri et de contrôle.
Les demandeurs d’emploi sont eux aussi les victimes de cette fuite en avant. Réutilisation opaque de données personnelles, absence de consentement explicite, hubs de données centralisant des informations sensibles (handicap, parcours, indemnisation) sans analyses d’impact systématiques : les risques juridiques et humains sont majeurs. L’entrée en vigueur du règlement européen sur l’IA (RIA) en 2025 a pris France Travail de court, exposant l’établissement à des sanctions et, surtout, les usagers à des décisions automatisées potentiellement injustes.
Force Ouvrière réaffirme que l’IA ne doit jamais se substituer à l’humain, ni servir de prétexte à la casse de l’emploi public. Nous exigeons l’arrêt des usages les plus sensibles de l’IA dans nos établissements et la consultation obligatoire des partenaires sociaux en amont des projets et le respect strict du RGPD et du RIA. L’accompagnement des demandeurs d’emploi mérite des agents formés, reconnus et en nombre suffisant, pas des algorithmes imposés sans contrôle.
L’IA à France Travail doit être un outil au service du progrès social, pas une arme contre les travailleurs et les usagers.
FO restera mobilisée.






